Rencontre avec Patricia Tella

Dans le cadre d’un cours de sciences une classe de 11H a rencontré l’auteure, Patricia Tella au début de l’année 2020. En exclusivité, l’Elynews publie cet article sur cette rencontre, écrit par quelques élèves de la classe.

Avant cette rencontre, nous avions fait une lecture commune de son deuxième ouvrage « Le monde selon Nyamba, l’océan Plastique ». Cette auteure a un parcours plutôt atypique, elle a commencé par faire des études de commerce, puis s’est lancée dans des études de chimie à l’EPFL. Elle a toujours fait ce qui lui plaisait et elle a toujours été guidée par son cœur.

Durant notre entrevue, nous avons pu lui poser des questions sur son parcours, ses inspirations et sur son expérience.

D’où vous est venu l’idée d’écrire un livre sur les tortues et l’écologie ?

Elle nous a alors répondu qu’elle avait toujours eu une passion pour les reptiles surtout pour les tortues, d’où le personnage de Nyamba et qu’elle s’était aussi toujours intéressée à l’écologie même avant tous les avertissements de biologistes. Elle nous a aussi raconté qu’une fois, lors d’un de ses nombreux voyages, elle avait découvert l’horreur du braconnage, elle voulait alors faire quelque chose pour ces animaux. Une personne du village où elle était lui a soumis l’idée d’écrire des livres pour sensibiliser les gens à cette cause et récolter des fonds. C’est comme cela qu’est néé Nyamba la  tortue verte.

Quel message voulez-vous faire passer ?

Elle veut faire passer un message pour sensibiliser les jeunes et moins jeunes à la cause du braconnage dans son premier volume « Le monde selon Nyamba » et au fléau qu’est le plastique dans le second « Le monde selon Nyamba, l’océan Plastique ».

Quelle a été votre inspiration ?

Elle a effectué un voyage dans les îles Comores en 2007 (lieu où se passe l’ouvrage) et a été beaucoup inspirée par ses expériences, ses sensations, les lieux qu’elle a visités, les personnes qu’elle a côtoyées et surtout par sa première sortie en bateau avec les éco-gardes. Elle a aussi fait de nombreuses recherches dans des livres. Elle nous a raconté qu’elle faisait en plus de son expérience des recherches dans les bibliothèques pendant environ quatre à cinq mois afin d’être complètement à l’aise avec le sujet.

À quel âge destinez- vous ce livre ?

Elle nous a répondu qu’à la base c’était plutôt un livre jeunesse mais qu’elle ne voulait pas trop le mettre dans une catégorie car son but était de sensibiliser le plus de personnes possibles. Elle a raconté qu’elle avait même des lecteurs/trices adultes qui lui faisaient un retour à chaque nouvelle parution.

Êtes-vous pour la cause des femmes ?

Oui, elle est pour l’égalité entre les genres mais, son roman se passant aux îles Comores, elle ne pouvait pas faire autrement car dans ces pays les femmes ont une place très limitée et elle voulait alors rester proche de la réalité. Cependant elle voulait quand même faire suivre des études à son personnage féminin, soit Aïssa.

Qui vous a inspiré les personnages du roman ?

Le personnage de Nyamba lui a été inspiré par les tortues qu’elle a rencontrées durant son séjour dans le refuge des îles Comores. Elle a aussi mis un peu d’elle dans ce personnage. Evidemment, elle a humanisé les personnages marins car en réalité, les tortues n’ont pas réellement d’émotions à proprement parler, cependant elle a fait cela pour mieux faire passer le message aux lecteurs.

En ce qui concerne le personnage d’Aïssa, il s’agit d’une petite fille rencontrée aux îles durant son voyage en 2007. Cette petite était très intéressée par les tortues et très éveillée pour son âge, ce qui a fortement marqué l’auteur. Elle a aussi mis de sa personnalité dans ce personnage ainsi que dans des événements qu’elle avait vécus, comme par exemple la sortie en bateau.

Le personnage de Charles lui a été inspiré par deux personnes qu’elle a rencontrées au cours de ses voyages, qui s’appelaient tout deux Charles et étaient des personnes imbues d’elles-mêmes et plutôt étranges (fraude, blanchiment d’argent, etc…) cela lui a alors semblé évident d’appeler son « méchant » personnage Charles.

Est-ce qu’une partie des bénéfices des livres sont reversés à des associations ?

À la base c’était l’idée et elle a fait cela pendant quelques temps, cependant elle ne faisait pas assez de bénéfices sur ses livres pour continuer. Mais si un jour les ventes décollent, elle recommencera à donner aux associations. Elle a aussi créé une association dans les années 2011 et a touché près de 1500 euros qu’elle a ensuite reversés aux Comoriens.

Pensez-vous écrire d’autres tomes, si oui,  sur quoi ?

Extrait du travail réalisé par les élèves en amont de la visite de Patricia Tella

Le 3ème tome est en cours, elle venait de le terminer et nous avons eu droit à un extrait en avant-première. Ce volume parlera cette fois de la surpêche et des problèmes engendrés pour les écosystèmes. Si elle était amenée à écrire d’autres volumes, elle aimerait traiter le sujet de la pollution sonore due aux bateaux ou alors de la pollution du pétrole dans les océans. Son troisième volume sortira début-milieu 2021.  

Exemples de déchets plastiques à différents stades de décomposition.

Suite à l’interview, nous avons parlé d’écologie, nous avons abordé les différentes problématiques ainsi que les solutions que l’on pouvait proposer. Nous avons aussi regardé une courte vidéo de la naissance de bébés tortues. Patricia Tella nous a ensuite proposé un petit quiz sur l’écologie et les tortues. Pour terminer cette rencontre, elle nous a lu un extrait de son troisième livre.

Cette expérience a été enrichissante pour toute la classe.

Cette activité (travail sur les thèmes du livre en sciences, visite de l’auteure, article dans Elysnews) est le fruit d’une collaboration entre les élèves de la 11VP2 (2019-2020), leur enseignante de sciences, G. Pahud, leur enseignante de français L. Jaggi et la bibliothécaire V. Humbert-Prince.

Disponible en 1 exemplaire à la bibliothèque
Disponible en 28 exemplaires à la bibliothèque

Les deux livres mentionnés dans cet article, « Nyamba I : l’histoire d’une tortue marine » et « Le monde selon Nyamba II : l’océan de plastique » sont à la bibliothèque et accessibles à la lecture dès la 8H.