Marc Voltenauer : la super interview de la 8P/02

Après avoir lu son livre « Le manoir maudit « , la classe 8P/02 a rencontré Marc Voltenauer durant le festival « Le livre sur les quais » à Morges. Interview.

1. Combien de livres avez-vous écrit ? 

J’ai écrit quatre livres policiers pour les adultes, je suis en train d’écrire le cinquième qui sortira en début d’année prochaine. J’ai écrit trois Frissons Suisses (collection de livres pour enfants, ndlr) donc ça fera huit. Avec mon compagnon on a écrit un guide touristique qui s’appelle “111 lieux dans les alpes vaudoises”, donc en tout ça fait neuf livres.

2. Pourquoi avez-vous décidé de mettre un meurtre dans l’histoire ? 

 Quand le livre (un précédent livre de Marc Voltenauer, « Taveyanne, la porte au diable », ndlr) est sorti, je suis allé dans des écoles pour répondre à des questions. Souvent je demandais « mais qu’est-ce qui vous intéresserait dans un prochain livre ? ». Plusieurs classes m’ont demandé d’écrire une histoire avec un meurtre, alors voilà. 

3. Quel est votre premier livre et pourquoi cette histoire-là ? 

Alors mon premier livre s’appelle « Le dragon du Muveran » et l’intrigue se passe à Gryon. J’ai commencé à l’écrire en 2013 donc ça fait à peine 10 ans. Il est sorti en 2015 et 2 ans auparavant en 2011, j’avais démissionné de mon travail, puis on a lâché notre appartement et on est parti avec mon compagnon faire un voyage d’une année autour du monde. Pendant cette année, j’ai lu énormément de livres. J’adore les romans policiers ! Pendant le voyage, j’ai pensé : « ça doit être sympa d’imaginer une histoire policière, de créer une intrigue etc… ». Mais sur le moment je me suis dit : « Oui, ça doit être sympa mais c’est pas un projet pour toi parce que tu ne seras jamais capable de le faire ». C’est vrai que j’aimais pas écrire et le français c’était pas ma branche préférée ! Par contre, j’ai toujours lu. Quand on est rentré de voyage et qu’on n’avait pas de travail et pas d’appartement, on a habité 6 mois chez mes beaux-parents à Gryon. En me promenant dans le village, un jour, je me suis dit : « c’est un lieu incroyable pour imaginer une histoire policière. Il y a tous les ingrédients sur place, disponibles » et c’est comme ça que j’ai démarré. 

Marc Voltenauer

4. Quel est votre livre préféré parmi ceux que vous avez écrits ? 

 C’est une question qu’on me pose souvent et j’ai de la peine à répondre parce que j’aime bien tous mes livres pour différentes raisons. Mon premier livre par exemple, j’ai une relation très émotionnelle avec lui parce que c’était le premier livre que j’ai écrit. Je pense que je me souviendrai toute ma vie du jour où j’ai reçu le carton avec mon livre dedans. Mais après, comme je passe beaucoup de temps à imaginer les histoires, à les écrire, à chaque fois c’est une aventure différente. C’est quelque chose qui me plaît donc je ne peux pas faire de choix. 

 5. Pouvez-vous vivre de votre activité d’écrivain ? 

 J’ai la chance d’avoir pu laisser tomber mon précédent travail, il y a bientôt cinq ans. C’était après la sortie de mon deuxième livre et depuis c’est effectivement devenu mon métier. 

 6. Comment avez-vous eu l’idée de l’histoire du « manoir maudit » ? 

Les deux premiers Frissons Suisses « Taveyanne la porte au diable » et « Le manoir maudit », on les a coécrits avec mon compagnon Benjamin. C’est vrai qu’il n’y a pas son nom sur la couverture parce qu’il ne voulait pas apparaître dessus, mais à l’intérieur si vous regardez c’est marqué « texte et scénario : Marc et Benjamin ». Du coup, on a ensemble réfléchi à l’idée, au thème, au scénario et en l’occurrence, c’est lui qui est venu avec l’idée en disant que ça pourrait être sympa que l’histoire se passe dans une maison de retraite. À partir de là, on a commencé ensemble à réfléchir à ce qui pourrait se passer dans cette maison de retraite. Comme il devrait y avoir un meurtre…C’est souvent comme ça quand on écrit des polars, on se pose la question en disant : « S’il y a un meurtre, qui a été tué ? Pourquoi cette personne a été tuée ? Et par qui ? » Et puis quand on a ces éléments-là, on peut commencer à construire l’histoire. 

7. Est-ce-que l’histoire est inspirée de faits réels ? 

Non, les histoires et les personnages sont toujours fictifs dans tous mes livres. Parfois, je m’accroche sur des éléments historiques. Par exemple avec « Le manoir maudit », l’histoire de l’incendie m’est venue parce que dans la réalité il y en a eu un, sauf que je l’ai transposée : ça ne se passe pas à la même période, pas pour les mêmes raisons et dans mon histoire il n’a pas entièrement brûlé alors que dans la réalité il a complètement brûlé. Je me sers d’une histoire réelle pour imaginer la fiction mais autrement c’est tout inventé. 

  8. pourquoi êtes-vous devenu écrivain ? 

C’est venu spontanément : ce n’était pas du tout une envie que j’avais depuis petit. Ce qui m’a beaucoup surpris c’était quand « Le dragon du Muveran » (son premier roman, ndlr) a connu en suisse romande un énorme succès. Ça, je ne pouvais pas du tout m’y attendre. J’ai continué à en écrire un deuxième qui a marché tout aussi bien, et ça m’a permis d’arrêter le travail que je faisais pour me consacrer à l’écriture. C’est une chance maintenant pour moi de pouvoir vivre de mon métier. 

Certains ont pu se faire dédicacer leur livre, pour ceux qui l’ avaient ; )

9. Quelles sont les étapes pour écrire un livre ? 

La première phase, c’est la phase de recherche et de création du scénario. Je n’ai jamais un scénario qui est tellement figé que quand je commence à écrire je sais exactement ce qui va se passer. Au contraire, je ne connais jamais la fin ! C’est l’écriture qui m’amène à des choses que je n’avais pas prévues. Cette première phase de réflexion me prend six, sept, huit mois environ : je lis, je fais des recherches historiques, je rencontre des gens, par exemple des policiers pour parler des thèmes que je vais aborder. Ça me permet aussi de créer les personnages. Je leur fais une biographie : leur physique, leur histoire, leurs passions, leur vécu, … Après cette première phase de préparation, je commence à écrire. Les premiers mois, c’est un moment où je m’isole : je reste à la maison et ne fais presque rien d’autre de la journée. Cette deuxième phase me prend aussi six, sept mois. Quand l’écriture et terminée, il y a encore en tous cas deux mois de travail de relecture, de correction. Donc, pour un livre pour adultes c’est à peu près un an et demi ; pour un Frissons Suisses, c’est le même travail mais c’est un peu plus court, je le fais en général sur à peu près 6 mois. 

Article mis en page par : Alex, Diego et Julien